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Du déficit structurel de la liquidité bancaire


     



L'activité sur le marché de la dette privée continue d'être marquée par le creusement du déficit de liquidité bancaire et par un besoin important de financement des investisseurs.





Dans le contexte d'une conjoncture internationale jugée difficile, la situation de la liquidité bancaire s'est trouvée négativement impactée.

En effet, les concours à l'économie ont marqué un ralentissement de leur rythme d'évolution en raison, entre autres, du ralentissement du rythme de progression des crédits immobiliers et des concours aux sociétés de financement. Les dernières données disponibles font ressortir une légère décélération du taux de progression du crédit bancaire, qui s'est établi à 7% en glissement annuel en octobre, après 7,5% en moyenne durant le troisième trimestre 2011.

Par objet économique, la tendance indique que ce ralentissement recouvre des évolutions divergentes de ses catégories.

En effet, le rythme d'accroissement annuel des facilités de trésorerie a enregistré un ralentissement à 13,6% en octobre, après 16,6% au trimestre précédent, marquant une rupture du mouvement d'accélération entamé depuis le quatrième trimestre de l'année 2010.

Cette évolution semble attribuable au renchérissement du coût relatif à cette catégorie d'emprunts, comme en témoigne la hausse des taux débiteurs assortissant les facilités de trésorerie.

De même, le rythme de progression des crédits à l'équipement a poursuivi son mouvement de décélération, passant ainsi de 6% au troisième trimestre à 2,8% en octobre 2011.

Outre un effet de base lié à la forte hausse observée une année auparavant, le ralentissement de cette catégorie de crédit peut être expliqué, en partie, par l'atténuation du taux de progression des dépenses d'investissement, au regard de la décélération des importations de matériels et outillages en octobre, ainsi que par l'accès au financement bancaire, jugé plus difficile, selon les résultats du troisième trimestre de l'enquête mensuelle de conjoncture de Bank Al-Maghrib.

Pour préserver l'équilibre du marché, Bank Al-Maghrib est intervenue à travers une politique monétaire expansive pour injecter la liquidé nécessaire.

Cette intervention s'est concrétisée, notamment, par l'importance des opérations des avances sur appel d'offres et les baisses consécutives du taux de la réserve obligatoire, ce qui s'est traduit par la baisse des volumes échangés et des taux d'intérêt sur le compartiment interbancaire.

La décision de BAM de maintenir le taux directeur à 3,25% a exercé une pression à la baisse sur les taux obligataires. Malgré la baisse des volumes émis, l'activité sur le marché de la dette privée s'est trouvée stimulée par le creusement du déficit de liquidité bancaire et le besoin important de financement des investisseurs.

Au cours du troisième trimestre de l'année 2011, le déficit des trésoreries bancaires s'est creusé de 7,4 MMDH par rapport à la fin du trimestre précédent, passant de 21,6 à 29 MMDH.

Selon BAM, «les facteurs autonomes (hors intervention du Trésor sur le marché monétaire) ont exercé un effet restrictif sur la liquidité bancaire de près de 6,3 MMDH, attribuable principalement à l'augmentation de la circulation fiduciaire et aux opérations sur avoirs extérieurs.

En effet, les retraits nets de la monnaie fiduciaire ont atteint 5,8 MMDH suite aux sorties massives enregistrées au cours de la période estivale et en préparation du mois du ramadan. De même, les opérations sur devises ont induit une ponction de liquidité de 2,5 MMDH, et ce en dépit de l'important reflux des billets de banque étrangers durant la période estivale (13,7 MMDH). Ces derniers ont été largement compensés par les achats de devises par les banques commerciales qui ont totalisé 16,2 MMDH (dont 9,5 MMDH enregistrés durant le mois de septembre).

En vue de combler l'insuffisance des trésoreries bancaires qui a atteint en moyenne 36,1 MMDH au cours de ce trimestre (contre 31,3 MMDH au dernier trimestre), Bank Al-Maghrib est intervenue principalement au moyen des opérations d'avances à 7 jours pour un montant quotidien moyen de 29,4 MMDH, contre 29,3 MMDH le trimestre précédent. La Banque centrale a également fourni, suite à la décision du conseil de Bank Al-Maghrib du 20 septembre 2011, de la liquidité aux banques au moyen de deux opérations -de refinancement à long terme (3 mois) d'un montant total de 15 MMDH.


La course au Trésor


À noter que les opérations du Trésor (hors intervention sur le marché monétaire) ont impacté négativement les trésoreries bancaires de
6 MMDH, du fait notamment de la différence entre, d'une part, les souscriptions bancaires aux adjudications des bons du Trésor (22,1 MMDH) et l'encaissement des recettes fiscales, y compris le 3e acompte de l'IS de l'année 2011 (15 MMDH), et d'autre part, les remboursements des échéances de la dette intérieure au profit du système bancaire (11,1 MMDH), le règlement des dépenses de la compensation (9,3 MMDH) et le paiement des salaires des fonctionnaires (5,2 MMDH). De même, l'augmentation de la circulation de la monnaie fiduciaire a atteint 3,6 MMDH attribuables majoritairement aux préparatifs de l'Aïd Al-Adha.

Du déficit structurel de la liquidité bancaire

lematin


السبت 24 ديسمبر 2011
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