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L’approche genre et le développement local


     

Chougag Mohammed



Master politiques publiques de Settat



L’approche genre et le développement local



Trois constats ont amenés les acteurs à tenir compte du genre dans les approches de développement.Premièrement, le fait que dans toute société les femmes forment un groupe désavantagé par rapport aux hommes, en terme de bien être (éducation, santé, revenu, etc.), en terme d’accès et de contrôle des moyens de production et en terme de pouvoir. Deuxièmement,  le fait que dans toute société les femmes et les hommes ont des besoins et des opportunités différentes, compte tenu de leurs rôles et responsabilités distinctes, et compte tenu de l’inégalité dans l’accès et le contrôle des ressources. Troisièmement, le fait que cette situation d’infériorité constitue un obstacle au développement national et local, puisqu’elle limite les chances et les opportunités de la moitié d’une population[1] .

       L’approche genre a connu une évolution remarquable. En 1975, avec  l’ouverture de la décennie des Nations Unies pour la femme, on fait le constat que les femmes sont « hors du processus de développement » et il faut donc les y intégrer. C’est à ce moment qu’apparaît l’approche « Intégration des femmes dans le développement » (IFD). Ciblée au départ sur les femmes, cette approche s’est progressivement transformée et enrichie pour aboutir à une approche centrée sur les relations hommes-femmes[2].

      En effet, l’approche genre vise à contribuer à équilibrer les rapports de pouvoir entre les deux sexes, et pas uniquement à résoudre les « problèmes des femmes ». Elle tient compte de la répartition des rôles et des activités des hommes et des femmes, qui ne répond pas à un modèle unique et figé, mais dépend étroitement des sociétés et du temps où elle s’inscrit. Dès lors, les femmes sont reconnues, avec les hommes, comme actrices et partenaires des processus de développement, et plus seulement comme bénéficiaire de projets. Dans ce cadre, une interrogation importante s’impose : comment peut-on intégrer les préoccupations de genre dans l’analyse, la planification, la mise en œuvre et l’évaluation de projets de développement ?
 


     Pour répondre à cette interrogation, nous adopterons le plan suivant :

  1. Champ conceptuel de l’approche genre et développement local
  2. Contexte sociopolitique de la naissance de l’approche genre
  3. Le genre, approche du développement et outil de transformation sociale 
  4. Composantes de l’approche genre
  5. Le cycle de gestion d’un  projet en matière de l’approche genre
 


 

  1. Champ conceptuel de l’approche genre et développement local :
L’approche genre, bien que développée depuis une décennie dans les sphères de la recherche et du développement, peine à s’imposer dans les pratiques. Sa pertinence apparaît pourtant évidente pour atteindre les objectifs de développement. Mais elle suppose une rupture, un changement de position et offre, par la même, des perspectives nouvelles…[3]
     Le mot « Genre » est traduit du terme anglais « Gender ». C’est un concept qui a donné lieu à l’approche Genre et développement.
       Le concept Genre renvoie au concept d’inégalité sociale et permet de montrer en quoi des rapports inégalitaires peuvent être facteurs de blocage pour le développement. C’est une manière de voir, d’appréhender et d’agir sur tous les détails de la vie des femmes, des hommes, des filles et des garçons.
     Genre c’est aussi un concept qui identifie et se réfère aux relations entre femmes et hommes, entre garçons et filles, à la manière dont ces relations sont socialement construites et aux différences sociales entre les femmes et les hommes. Ces relations sont acquises, susceptibles de changer avec le temps et sont largement variables d’un pays à l’autre et parmi les différentes cultures à l’intérieur d’un même pays.
     Le concept Genre situe les problèmes des hommes, des femmes, des filles et des garçons dans le cadre d’un ensemble de normes, de valeurs, d’attitudes et de perceptions à travers lesquelles les sociétés affectent des Rôles et des Statuts sociaux à chacun des deux sexes.
     En terme de définition, « le genre est la construction socioculturelle des rôles féminins et masculins et des relations entre les femmes et les hommes. Les rôles féminins et masculins se rapportent aux activités attribuées aux femmes et hommes dans la société et à la position que femmes et hommes y occupent respectivement. Ces rôles découlent des forces telles que la culture, la tradition, la politique et les besoins, permettent de déterminer l’accès aux opportunités et aux ressources et imposent des attentes et des limites aussi bien aux femmes qu’aux hommes. » [4] .
Autrement dit, l’approche genre est à la fois [5] :
  • un concept sociologique analysant ces rapports sociaux et leur caractère inégalitaire ;
  • un objectif politique de mise en œuvre des droits fondamentaux ;
  • une méthodologie proposant des outils pratiques pour agir plus efficacement.
      Après ces définitions, il s’avère  utile de distinguer  entre « Genre »  et  « Sexe ».  Le tableau suivant résume cette distinction[6] :
 
Genre : Sexe :
  • Concept sociologique : identité, société,
culture, etc.
  • Différences sociales fixées par la société, et apprises par les individus
  • -Variables d’une société à une autre selon l’âge, la classe, la religion, l’ethnie, etc.
  • Différences qui peuvent être modifiées dans le temps.
  • Concept biologique : conditions physiques, chromosomes, organes génitaux, etc.
  • Différences biologiques universelles
  • Inéchangeable.
  • Différences qui ne peuvent pas être modifiées par des actions de développement.
   
Par conséquent, il est essentiel de garder à l’esprit que la démarche de genre ne se réduit pas à « s’occuper des femmes ». Elle vise à prendre en compte, simultanément la situation, les besoins et les objectifs des femmes et des hommes, dans leur inter-action.            
     Ainsi, dans le domaine des projets de coopération nationale ou locale, la démarche de genre s’applique à toutes les actions et concerne autant les hommes que des femmes puisqu’il s’agit de tenir compte des dynamiques sociales dans lesquels chacun se situe[7] surtout que la réalisation du développement local nécessite l’adhésion des hommes et des femmes.
    Le développement local est un processus grâce auquel la population participe au façonnement de son propre environnement dans le but d’améliorer la qualité de vie de ses résidents.
    Cette démarche nécessite une intégration harmonieuse des composantes économique, sociale, culturelle, politique et environnementale[8] . La composante économique devient souvent une priorité vu l’importance pour chacun d’être en mesure de gagner sa vie et de subvenir de manière satisfaisante à ses besoins et ceux de ses proches[9].
    Cette approche est avant tout un phénomène humain où les projets et l’action, plus que les institutions et les politiques, mobilisent l’ensemble des intervenants de la communauté de chacun des arrondissements[[10]]url:#_ftn10 ,y compris à la fois les hommes et les femmes.
Dans les lignes qui suivent nous irons plus loin et tenterons d’exposer les événements les plus marquants dans l’apparition de l’approche genre.
  1. Contexte historique et sociopolitique de la naissance de l’approche genre :
      Les événements marquant les fondements de l’approche genre et développement (GeD) ont commencé à partir des années 50, aux lendemains de la fin de la 2ème  Guerre mondiale. Ces événements ont donné naissance à l'approche IFD (Intégration des Femmes au développement) dès la fin des années 60.
        Les stratégies établies dans le cadre de l’IFD prévoyaient des projets ou des composantes de projets concernant les femmes, l’accroissement de leurs revenus et de leur productivité et l’amélioration des moyens dont elles disposaient pour s’occuper du ménage sans s’attaquer aux causes fondamentales de la discrimination qui empêchent les femmes de participer pleinement aux sociétés dont elles font partie.
       En 1970, l’anthropologue de l’économie Esther Boserup démontre que si les femmes ne sont pas pleinement intégrées au processus de développement, le progrès économique tend à se faire au prix de la marginalisation des femmes.
        C’est ainsi que vers la fin des années 1970, l’approche Femmes et développement (FED) fut développée afin de réparer les omissions de l’IFD. Selon cette approche, les femmes participent aux mécanismes de développement mais sur une base inégale. Les projets de développement intensifient les interventions dont les femmes sont l’objet (surtout avec des Activités Génératrices de Revenues pour les femmes), sans pour autant améliorer leur accès aux ressources ou à la prise de décision.
       Le concept a été utilisé jusque vers la fin des années 80. L’évaluation de la décennie de l'ONU sur la femme a permis de dégager les insuffisances liées à l'utilisation de l'approche IFD. En plus, plusieurs recherches conduites par les femmes du Nord et du Sud avaient montré que les approches IFD et FED avaient ignoré l’apport des femmes et leur contribution à la production de biens et de services dans leur communauté. Les femmes étaient toujours confinées dans leur rôle traditionnel familial (soins des enfants, activités traditionnellement réservées aux femmes telles que la broderie…). C’est pour combler ces insuffisances que DAWN a élaboré la théorie Genre qui a donné naissance à l’approche Genre et Développement (GeD).
      Le tableau ci-dessous illustre les grandes périodes qui ont marqué la naissance de l’approche GeD sont [11] :
 
Les grandes périodes :
Années 50 Années 60 Années 70 :
 
Années 80 :
 
Années 90 :
 
Années 2000 :
 
création de la Commission de la condition de la Femme (1946) . début des revendications pour les droits juridiques et début de la vague des mouvements des femmes. Naissance de l’approche IFD.  
- 1ère Conférence Mondiale des Femmes à Mexico en 1975
- L’année 1975 est décrétée Année Internationale de la Femme
- L’ONU décrète la Décennie sur la Femme de 1976 à 1985.
 
- Conférence Mondiale des Femmes à Copenhague en 1980 et à Nairobi en 1985
- La décennie de l’ONU sur la Femme se poursuit
- Le Plan d’Actions de Lagos est élaboré en 1980
- La Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples est ratifiée en 1981 : la
reconnaissance des droits de la Femme
- Le Concept IFD est introduit dans la plupart des projets de développement
- Les ONG jouent un grand rôle pour la prise en compte des femmes dans le
développement
- Les projets spécifiques aux femmes sont élaborés
- IFD est critiqué par DAWN qui commence à élaborer la théorie GeD
- Harvard élabore les cadres d’analyse axée sur le Genre.
 
- Conférence sur la Famille et le Développement à Dakar en 1992
- 5ème Conférence Mondiale sur la Population au Caire en 1994
- Conférence des Femmes africaines à Dakar en 1994
- 4ème Conférence Internationale sur les femmes en 1995 à Beijing
- La lutte des Femmes pour plus d’équité s’intensifie
- Le concept IFD est de plus en plus critiqué
- Le concept GeD est vulgarisé
- Les violences faites aux femmes sont dénoncées.
Beijing +5 : Evaluation de la plateforme de Beijing aux Etats-Unis d’Amérique.
 
    Source : montage personnel.

   Si au cours des 30 dernières années, on a vu des progrès en vue de l’égalité et de l’équité de genre à travers le monde, il n’en demeure pas moins qu’il reste beaucoup à faire pour réaliser cet objectif. L’histoire récente des interventions de développement et des luttes politiques visant l’égalité de genre et le renforcement des capacités des femmes nous a donné un certain nombre d’enseignements importants dans une diversité de contextes[12] .
       Le progrès vise à être non seulement une "fin" mais aussi le moyen. La vision porte non seulement sur "quel" processus, mais aussi "comment".
    C’est ce que nous allons voir dans les lignes suivantes.
  1. Le genre, approche du développement et outil de transformation sociale :
       Lorsqu’on parle de genre, non seulement la question de la situation des hommes est posée en même temps que celle des femmes, mais il devient possible de penser que la qualité des relations entre les hommes et les femmes a beaucoup à gagner de cette lutte pour une égalité entre les sexes. Les hommes devront certainement renoncer à une série de privilèges, mais les femmes devront également renoncer à des positions basées sur la nécessité d’être protégées de la domination ou de compenser cette domination. Un article du Monde du 18 octobre 2001 rappelait que, pour l’anthropologue Maurice Godelier, "il n’existe pas de société inégale sans violence et aussi sans consentement".
      Sur cette question de l’inégalité entre les hommes et les femmes, il n’y a pas en effet d’un côté tous les hommes et eux seuls, dominateurs voire bourreaux et de l’autre toutes les femmes et elles seules, dominées voire victimes. Nous tous et toutes, femmes et hommes, nous sommes pris, dans chacune des sociétés où nous vivons, dans ce système des rapports sociaux de sexes, fondé sur l’inégalité entre les sexes et sur la domination de l’un sur l’autre et nous participons, plus ou moins, à la pérennisation de ce système…[13]
 
     Au cours des dernières décennies, beaucoup de personnes –hommes et femmes – ont travaillé à développer et à mettre en œuvre des politiques genre équitables pour le développement durable et la transformation sociale. Une diversité de cadres institutionnels a servi de sites pour de telles luttes, notamment l’administration publique, les partis politiques, les agences multilatérales et bilatérales, de nombreuses organisations privées et des organes de prise de décision tant dans les gouvernements qu’au sein des communautés. La question de savoir pourquoi les réussites ont été limitées dans de telles tentatives et ce qui pourrait aider à approfondir les pratiques existantes a fait l’objet d’un certain nombre de réflexions récentes[14] pour dépasser cette vision étroite vie la relation H/F car le développement humain ne pourra pas être réalisé sans une participation des hommes et des femmes[15] . Si le développement ne prend pas le genre en compte, il est en danger. En effet :
  • Les femmes représentent plus de la moitié de la population ;
  • Sans elles, beaucoup de projets sont peu efficaces ;
  • Méconnaître les impacts différenciés sur les femmes et les hommes peut accroître les discriminations qui frappent les femmes [16] .
  1. Composantes de l’approche genre :
But :
 
Méthode : Approche participative
 
Facteurs influents des rôles :
 
  • Parité H/F dans le processus de développement et réduction de la pauvreté chez les Femmes ;
  • Pleine participation des femmes à toutes les étapes et à tous les niveaux du processus de développement pour atteindre l’égalité entre les sexes ;
  • Recherche des réponses aux questions fondamentales et réduction des écarts entre le H/F afin d’assurer un développement équitable pour tous ;
  • Repenser le processus actuel et non créer une entité distincte   Apprivoiser les facteurs influencés par les spécificités H/F[17] .
 
- Qui fait quoi ?
 
- Qui utilise quoi ?
 
- Qui veut quoi ? Comment ? Pourquoi ?
 
Renforcement des capacités des femmes par :
 
  • Meilleure prise de conscience de leurs besoins, de leurs droits et de leurs compétences ;
  •  Grande possibilité d'expression ;
  • Analyse des rôles et responsabilités assignées socialement aux hommes et aux femmes.
  • La culture ;
  •  Le contexte historique ;
  •  Le cadre juridique ;
  • L'accès aux ressources ;
  • Etc.
Outils conceptuels :
 
Stratégies :
 
Caractéristiques de l’approche genre
 
  • Division du travail selon le genre ;
  • Accès et contrôle des ressources et des bénéfices ;
  • Les facteurs d'influence ;
  • La condition de la situation afin d'accroître les pouvoirs des plus démunis ;
  • Les besoins pratiques et les intérêts stratégiques ;
  • Les niveaux de participation ;
  • Les possibilités de transformation des relations non égalitaires.
  • Identifier les besoins pratiques déterminés par les hommes et les femmes en vue d'améliorer leurs conditions ;
  •  Traiter en même temps les intérêts stratégiques des femmes et des Hommes ;
  •  Adopter un développement axé sur les personnes et non sur les institutions .
 
  • C'est un facteur social, mais n'est pas déterminé biologiquement comme le résultat de caractéristiques sexuelles hommes/femmes.
  •  Se réfère aux relations qui existent entre les hommes et les femmes, mais non aux hommes et aux femmes en soi ;
 A une approche pour un développement durable et équitable à la base, plutôt que de cautionner les situations d'inégalité en les uniformisant[18] .
 
 
  1. Le cycle de gestion d’un  projet en matière de l’approche genre :
     Le cycle de gestion de projet représente le processus continu d’un projet, au cours duquel chaque étape conditionne l'étape suivante. Par exemple, les informations collectées pendant la phase d’identification du projet (étape 1) servent de support au plan détaillé du projet (étape 2). L’étape 3 passe en revue les informations recueillies au cours des deux étapes précédentes en intégrant diverses perspectives afin de garantir la viabilité du projet. Si ces fondements sont solides, les étapes suivantes auront d'autant plus de potentialités de réussite[19] .
 
 
  1. Etape 1 : le genre dans l’identification du projet
 
  • Faire un état des lieux / constat, dans un espace donné (commune, douar, quartier…) des différences entre hommes et femmes
  • Analyser les causes des phénomènes observés.
  • Identifier les acteurs impliqués, leurs comportements, leurs besoins / intérêts, leurs stratégies, leurs relations.
  • Impliquer les hommes, les femmes et les acteurs concernés dans l’analyse des problèmes et des solutions, et ainsi favoriser leur participation au projet.
  • Collecter des données / statistiques ventilées par sexe (ex : taux d’alphabétisation des hommes et des femmes, répartition par sexe des activités…) .
  • Recueillir des informations intégrant la problématique hommes/femmes sur les activités, les problèmes, les besoins, les ressources, etc. de la population concernée.
 
  1. Etape 2 : Le genre dans la formulation et la planification du projet 
 
     La prise en compte du genre dans la formulation et la planification du projet se base sur les informations collectées lors de la phase de diagnostic, et sur les problèmes, les besoins, les priorités et les solutions identifiés par les bénéficiaires du projet, en veillant à tenir compte systématiquement des contraintes et des attentes spécifiques des hommes et des femmes.
     Deux outils sont proposés pour identifier les problèmes et actions à prendre en compte pour l’intervention, en tenant compte des priorités des hommes et des femmes.
  • Qui sont les bénéficiaires de l’intervention (hommes, femmes, les deux) ? Est-ce qu'ils sont spécifiquement identifiés (selon âge, statut socio-économique…) ;
  • A-t-on consulté les personnes dont les vies seront affectées par le projet et quelle attention a été portée aux femmes dans ce processus ?
  • A-t-on évalué les impacts potentiels (+ et -) du projet sur les hommes, les femmes ?
  •  Si l’intervention prévoit une participation active des bénéficiaires dans l'exécution du projet, est-ce que les femmes ou/et d'autres groupes vulnérables sont activement et équitablement impliqués dans les instances concernées ? Sinon, pourquoi ?
  •  Lorsque les activités concernent les hommes et les femmes, bénéficient-elles de façon équitable aux hommes et aux femmes ?
  •  Est-ce que les contraintes spécifiquement féminines ont été prises en compte
  • (au niveau des horaires, de la mobilité nécessaire, des possibilités de concilier les activités de l’intervention avec les tâches domestiques, la garde d’enfants, etc.) ?
  •  Quels gains ou bénéfices vont être générés par ou grâce à l’intervention ? Quelles sont les personnes qui les contrôleront, qui les géreront ?
           Quel intérêt portent les femmes et les hommes au projet ?
  • A-t-on prévu des mesures pour s’assurer que le projet n’influencera pas de façon négative la condition des femmes ?
  •  Comment les objectifs répondent-ils aux besoins des hommes et des femmes ?
  • Les problèmes des enfants sont-ils pris en compte?
  •  Comment les femmes auront-elles accès aux opportunités et services fournis par le projet (formation, micro- crédit, adhésion à une coopérative…) ?
  •  Quelles contraintes sociales, juridiques et culturelles pourraient empêcher les femmes de participer ? Quelles mesures ont été prises pour dépasser ces contraintes ?
  • contribuer à promouvoir l’égalité de genre ?
 
  1. Etape 3 : Mise en œuvre  de l’approche genre
 
     Le projet peut être mis en œuvre à l’aide des questions-clés suivantes, afin de s’assurer qu’il tient compte de la dimension genre[[20]]url:#_ftn20 .
 
  1. Le personnel du projet :
 
  • Le personnel du projet est-il familiarisé avec les problèmes de genre?
  •  Le personnel du projet est-il désireux d’impliquer les femmes dans le projet ?
  •  Le personnel féminin est-il expérimenté dans la fourniture de services aux hommes ?
  •  Le personnel masculin est-il expérimenté dans la fourniture de services aux femmes et est-ce approprié dans le contexte de l’intervention ?
  • Le projet prévoit-il du personnel féminin et masculin, notamment pour assurer les séances d’information, sensibilisation et formation auprès des hommes et des femmes (ensemble / séparément) ?
  •  Le personnel féminin est-il aussi bien formé que le personnel masculin ?
 
  1. La participation des femmes au projet :
 
  • Comment les femmes participeront et contribueront à la maintenance de l’équipement ? Des formations sont-elles prévues à cet effet ?
  • A travers quelle(s) organisation(s) les femmes seront-elles impliquées ?
  •  Comment le projet affectera-t-il l’emploi du temps des femmes ?
  •  Des mesures sont-elles prises pour favoriser la participation des femmes aux différentes activités prévues ? (Ex : information / sensibilisation de la famille sur l’activité, choix d’horaires et de lieux adaptés, accès facilité, invitation séparée des différents groupes de femmes pour limiter les influences) ?
 
  1. Les activités :
 
  • La charge de travail des femmes sera-t-elle augmentée / diminuée du fait des innovations et changements induits par le projet (mécanisation, nouveaux intrants agricoles et itinéraires techniques, lieux de travail, approvisionnement en eau et bois de chauffe, etc.) ?
  • Si la charge de travail diminue, cela impliquera-t-il une baisse de revenus pour les femmes ?
  •  Comment le projet affectera-t-il les relations entre hommes et femmes ?
  •  Des mesures sont-elles prises pour favoriser l’accès des femmes à l’information sur les activités (moyens de communication appropriés) ?
 
  1. Etapes 4 et 5 : Le genre dans le suivi et l’évaluation du projet
 
     Bilan à des périodes données pour apprécier et mesurer l'atteinte des objectifs et faire des recommandations pour la poursuite du projet ou pour sa bonne mise en place[21]
 
 
Conclusion :
 
     Le genre est une approche qui préconise l’égalité entre les hommes et les femmes pour une bonne réflexion commune de développement: répartition des tâches, responsabilités, prise de décision, etc. Aussi, à noter la nécessité de l’implication de tous les acteurs (approche partenariale) notamment les services extérieurs de l’Etat, les membres de la société civile et les concernés eux même afin de réussir un développement endogène et intégré.
      A signaler que l’approche partenariale nécessite beaucoup d’efforts et du temps car toute la question repose sur une bonne négociation et une bonne communication de la part de tous les acteurs. En effet, l’objectif de toute négociation avec les acteurs est d’arriver à un accord et compromis autour d’un programme d’action dit concerté. Le résultat d’ensemble doit demeurer celui d’un gain ; celui d’une satisfaction dans la réalisation de l’action. Il est à noter également que cette démarche nécessite un grand effort de coordination à toutes les phases du projet notamment le diagnostic, la planification, la réalisation et  le suivi et l’évaluation.
 
Bibliographie :
 
  • Aruna Rao et Michelle Friedman, « Transformer les institutions : historique et défis Une perspective internationale », Traduit par Aminata Sow pour le G&DTC, 2002.
  • Association Tanmia.ma, «  Guide pour l’intégration du genre dans les projets de développement », Volume 2, Septembre 2006.
  • Brigitte Biche, «  pour une pratique de l’approche genre dans le développement », Echos du Cota.
  • Brigitte Biche, «  pour une pratique de l’approche genre dans le développement », échos du cota, 2009.
  • Cécile  N. NTAMAG- NDJEBET, «  Initiation à l’approche  Genre  et  Développement »,   l’atelier   sur : « TRAINING SESSION on Gender & water resources », organisé par SOWAMED du 27 au 29 octobre 2008.
  • David Kelleher, Aruna Rao, Rieky Stuart et Kristen Moore, Building a Global Network for Gender and Organizational Change: Montréal conférence report, 1996; conférence sur : « Gendre Justice and Organisationnel Change/Institutionnel Transformation », parrainée par agi, Genet.
  • Hasnaâ Fassah et Antje Kraft Lancement, « La Gestion axée sur les résultats : Intégration de l’Approche Genre », Manuel ISAP, PNUD, 20 juin 2008, p : 18.
  • Sommet de Montréal, « Le développement local », le groupe de travail du développement local, mardi 9 avril 2002.
  • Prévost«  Le développement local : Contexte et définition », Cahiers de recherche  IREC 01-03.
  • Pulchérie Nomo Zibi, « L'analyse différenciée selon les sexes (ADS) : où en sommes-nous dix ans après? »  Colloque IREF / Relais femmes, 26 octobre 2006.
  • Rania El Azem, «   Intégration de l Approche Genre  dans les projets PASC  », Centre Consultatif des Droits de l’Homme, Rabat, Mercredi 17 octobre 2007.
  • Site web de l’association Adéquations et de ses partenaires : www.adequations.org
 
 
                     
 
Les Renvois

[1] Pour plus d’informations, voir : Association Tanmia.ma, «  Guide pour l’intégration du genre dans les projets de développement », Volume 2, Septembre 2006, p : 8.
[2] Ibidem.
[3] Brigitte Biche, «  pour une pratique de l’approche genre dans le développement », Echos du Cota, p : 3.
[4] Hasnaâ Fassah et Antje Kraft Lancement, « La Gestion axée sur les résultats : Intégration de l’Approche
Genre », Manuel ISAP, PNUD, 20 juin 2008, p : 18.
[5] Site web de l’association Adéquations et de ses partenaires : www.adequations.org
[6] Cécile  N. NTAMAG- NDJEBET, «  Initiation à l’approche  Genre  et  Développement »,   l’atelier   sur  :  « TRAINING SESSION on Gender & water resources » organisé par SOWAMED du 27 au 29 octobre 2008 à Rabat au Maroc, p : 6.
[7] Site web de l’association Adéquations et de ses partenaires : www.adequations.org
[8] Il convient de signaler en ce sens que :
  • le développement local comporte une dimension territoriale;
  • le développement local s’appuie sur une force endogène;
  • le développement local fait appel à une volonté de concertation et la mise en place de mécanismes de partenariat et de réseaux ;
  • il intègre des dimensions sociales aussi bien qu’économiques ;
  • l’approche du développement local implique aussi une stratégie participative et une responsabilisation des citoyens envers la collectivité.
[9] Paul Prévost«  Le développement local : Contexte et définition », Cahiers de recherche  IREC 01-03, p : 16.
[10] Sommet de Montréal, « Le développement local », le groupe de travail du développement local, mardi 9 avril 2002, p : 1.
 
[11] Pour plus d’éclaircissements, voir :  Cécile  N. NTAMAG- NDJEBET, «  Initiation à l’approche  Genre  et  Développement »,   l’atelier   sur : « TRAINING SESSION on Gender & water resources », organisé par SOWAMED du 27 au 29 octobre 2008, pp : 3-6.
 

[12] Aruna Rao et Michelle Friedman, « Transformer les institutions : historique et défis Une perspective internationale », Traduit par Aminata Sow pour le G&DTC, 2002,p : 6.

[13] Brigitte Biche, «  pour une pratique de l’approche genre dans le développement », échos du cota p : 5
[14] Voir par exemple, David Kelleher, Aruna Rao, Rieky Stuart et Kristen Moore, ‘Building a Global Network for Gender and Organizational Change’: Montréal conférence report, 1996’; conférence sur ‘Gendre Justice and Organisationnel Change/Institutionnel Transformation’, parrainée par agi, Genet.
[15] Rania El Azem, «   Intégration de l Approche Genre  dans les projets PASC  », Centre Consultatif des Droits de l’’Homme, Rabat, Mercredi 17 octobre 2007,p : 2.
[16] Association Tanmia.ma, «  Guide pour l’intégration du genre dans les projets de développement », op.cit, p : 4.
[17] Pour plus d’informations, voir : Pulchérie Nomo Zibi, « L'analyse différenciée selon les sexes (ADS) : où en sommes-nous dix ans après? »  Colloque IREF / Relais femmes, 26 octobre 2006, p : 2 et s.
[18] Pulchérie Nomo Zibi , « L'analyse différenciée selon les sexes (ADS) : où en sommes-nous dix ans après? » , Colloque IREF / Relais femmes, 26 octobre 2006,p : 3.
[19] Association Tanmia.ma, «  Guide pour l’intégration du genre dans les projets de développement », Volume 2, Septembre 2006, p : 12.
 
[20] Association Tanmia.ma, «  Guide pour l’intégration du genre dans les projets de développement », op.cit, p : 35.
 
[21] Association Tanmia.ma, «  Guide pour l’intégration du genre dans les projets de développement », op.cit, p : 12.
 
   


السبت 26 يناير 2013


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